
L'obéissance
Pour obtenir une obéissance dans la joie, on utilise le jeu : avec une balle de tennis ou autre de même calibre. C'est la première leçon au rapport et rappel. Commencez dès le lendemain de l'arrivée de votre chiot.
Dans la cour, le jardin ou autres lieux, amusez-vous avec la balle en la lançant contre le mur et en la reprenant. Votre élève vous regarde avec envie. La troisième fois, vous laissez tomber la balle : le chien la saisit. Vous vous enfuyez en l'appelant par son nom : "N... apporte, N... apporte". Le chiot court après vous; dès qu'il vous rattrape, arrêtez. Faites-le asseoir, caressez-le de la main droite, la gauche sous son menton ou vice-versa. Quelques secondes après, vous lui reprenez doucement la balle en disant "donne...". Mais attention, il ne faut pas faire rapporter la balle plus de deux ou trois fois à chaque exercice car, si par fatigue le chien refusait, ce serait catastrophique pour l'avenir. Après quelques jours, vous lui ferez voir la balle et la lancerez le plus loin possible : il ira la chercher. Et vous alternerez le rappel, tantôt sans bouger, tantôt en vous enfuyant, mais toujours en criant : "N... apporte". Vous caresserez et récompenserez. Si au début il a du mal à retrouver sa balle, allez avec lui pour l'aider. Par ce moyen, vous obtiendrez un rapport naturel, joyeux et sans faille. Mais si vous êtes chasseur, il faudra travailler le rapport autrement.
Pourquoi ne pas mettre la laisse dès les premiers jours ? Plus on travaille jeune, plus c'est facile. Il y a plusieurs méthodes. Voici celle que j'emploie et qui n'est pas communément enseignée dans les manuels. Je commence par mettre le collier quelques heures auparavant. Puis dans la cour ou le jardin, je pose la pâtée. Je prends le chien dans mes bras après avoir accroché la laisse. Je lui fais sentir sa pâtée et je l'emporte à une trentaine de mètres. Je la pose à terre. Immédiatement, il court vers sa gamelle. Je modère sa course en tirant sur la laisse. Par deux fois je l'immobilise, puis on arrive au but. Il commence à manger. J'interromps son repas pour recommencer une ou deux fois. Puis le quatrième jour, je supprime la gamelle et je joue avec lui en tenant la laisse. C'est acquis sans stress. Autre variante : on remplace la pâtée par une tierce personne que le chiot connaît bien. Elle l'appelle dès qu'on le pose à terre. On le suit comme précédemment.
Assis
Dès les premiers jours aussi, on apprend au chiot à s'asseoir. Par cet exercice, il se familiarise avec l'obéissance qui va vite devenir pour lui naturelle et on évite ainsi les conflits d'indépendance que le chien ne manquerait pas de provoquer en devenant adulte. C'est l'exercice le plus facile à enseigner à condition d'être très persévérant et exigeant.
On prend le chiot par le collier ou la peau du cou ; on l'assoit en appuyant sur l'arrière-train en disant : "assis et pas bouger". On le maintient ainsi au moins une minute chronométrée, puis on caresse et on récompense. Si on procède bien, au bout de quelques jours il s'assoira tout seul à l'ordre. Progressivement, on devra lui faire garder cette position au moins un quart d'heure. Le maître s'éloignera, se rapprochera, tournera autour en répétant "assis... pas bouger" . Dès qu'il bouge, il faut le remettre en place sans colère ni énervement.
Le rappel
En même temps que tous les exercices précédents, on travaille le rappel. Il doit être absolu et naturel. Dès que le maître prononce le nom du chien suivi du commandement "ici", l'animal doit accourir joyeusement quelles que soient ses occupations, même s'il est en train de manger. En contrepartie, il doit être accueilli avec joie. Il faut que ce soit la fête : caresses et récompenses. C'est primordial si votre élève est destiné à la chasse car sur le terrain les coups de sifflet, les éclats de voix affolent l'animal qui ne sait plus à quel saint se vouer, brisent l'élan et détruisent le brio. Vous avez commencé avec la balle, vous continuez dès que vous voyez votre chiot occupé ou courant devant vous. Aussitôt, vous lui tournez le dos en l'appelant par son nom. Ayant peur de vous perdre, il accourt.
Caresses et récompenses sont de rigueur.
Couché - "Down"
En même temps que "assis", on travaille le "couché". Il n'est pas nécessaire que tous les exercices soient exécutés chaque jour. Mais il faut en faire quelques-uns. Le couché est un exercice primordial si le chien est destiné à la chasse. On l'appelle le "down" qu'on prononce "daoun". Si vous n'êtes pas chasseur, vous apprendrez à votre chien le couché simple. Faites asseoir votre élève, saisissez les deux pattes antérieures, tirez-les vers l'avant en disant "couché" ou "down" jusqu'à ce que l'abdomen touche terre. Vous le maintenez par la force, au début une minute. Si vous êtes chasseur, vous devrez plaquer le museau à terre entre les deux pattes en répétant "down". Petit à petit, le chien prendra la position de lui-même au commandement quelle que soit la distance et devra être capable de la tenir une demi-heure.
Dans la maison, au commandement "couché", il devra aller à sa place - corbeille par exemple-et y rester.
Le rapport
Si vous devez chasser, il est important d'enseigner le rapport dès le troisième mois. Le jeu avec la balle l'a déjà préparé, mais je voudrais vous faire part d'une opinion communément admise - pas du tout prouvée, puisqu'elle comporte des exceptions - que mettre un chien au rapport avec un aportable en bois, peut lui donner la dent dure. Alors pour éviter ce risque, pourquoi ne pas vous servir de chiffons roulés en boule, toujours dans votre poche qui s'imprégneront de votre odeur, que vous lancerez, perdrez ou cacherez mais que votre élève rapportera toujours avec un réel plaisir. Dans le même temps, vous travaillerez la marche au pied en laisse d'abord, puis sans laisse en disant : "au pied, tout près" tout en le caressant en marchant.
Enfin, n'oubliez pas que le Setter Irlandais est un chien de chasse avec une prédilection pour la plume, qu'elle soit gibier ou volaille. Par conséquent, tout petit, il faut lui montrer de la volaille et lui apprendre à la respecter en disant : "Non" énergiquement, chaque fois qu'il voudra s'approcher d'un volatile domestique. A une certaine époque, j'avais des poules familières. Je faisais asseoir mes chiens dans la cour. Je mettais des grains de blé ou de maïs entre leurs pattes que les poules allaient picorer : pas un chien ne bronchait.
Celui qui reprendra ces expériences à son compte, difficiles sur le papier mais passionnantes, et faciles à expérimenter sur le terrain, aura un chien bien élevé, à l'aise partout et agréable à vivre. Dimanche dernier, un ami éleveur chevronné me confiait qu'il a gardé d'une portée de Setters un couple âgés maintenant de 9 mois. Il s'est occupé de la femelle au sevrage qui est devenue une merveille d'équilibre et d'obéissance. Ayant négligé le mâle, il constate qu'il n'arrivera pas à en faire un chien bien dans sa peau."
Faire appel à un dresseur professionnel
Une fois les bases acquises, vous pouvez, si vous le souhaitez, faire appel à un dresseur professionnel pour "débourrer" votre chien" et le préparer à la chasse et, éventuellement, aux épreuves de sélection sur le terrain. Plusieurs d'entre eux sont membres du Club.
Pour en savoir plus